Les missions

La mission d’un syndicat est de défendre les intérêts professionnels, moraux et matériels, de ses membres et de leur assurer aide et protection dans l’exercice de leur profession.

Le SNPF est la voix de la pédiatrie libérale pour la défense de l’idée d’une pédiatrie globale au service des enfants et de leurs familles.

Nous voulons maintenir une pédiatrie de proximité tout en défendant les autres formes d’exercice.

Le pédiatre est le garant du devenir de l’enfant d’un point de vue psychique, social, environnemental afin de l’amener en bonne santé, en pleine possession de ses moyens à l’âge adulte après avoir traversé la petite enfance, l’enfance et l’adolescence. Son rôle essentiel est de permettre le dépistage précoce des troubles des interactions familiales, des troubles neurosensoriels, de toutes les pathologies de l’enfance. Il est incontournable dans l’éducation à la santé (allaitement maternel, éducation nutritionnelle, hygiène de vie….). Il est aussi présent dans la prévention de l’obésité, des allergies dermatologiques et respiratoires, de la santé mentale, de la maltraitance…. Il prend en charge le handicap, les pathologies chroniques, le suivi des prématurés et s’occupe d’éducation thérapeutique.

Son activité est multiple : libéral exclusif avec présence en maternité privée, mixte (temps partiel hospitalier), vacations en PMI, médecine scolaire, crèches… Là où c’est encore possible il est investi dans la permanence des soins, en ville, en maison médicale ou en garde hospitalière.

Mais la reconnaissance de nos pairs n’est pas évidente. Il est exceptionnel qu’un médecin généraliste fasse appel à un pédiatre pour une demande d’avis (2% d’actes de consultants). Les PMI et la médecine scolaire s’adressent exceptionnellement aux pédiatres de ville. De même l’hôpital propose rarement un suivi conjoint pour une pathologie chronique lourde.

L’enfant ne devrait -il pas être pris en charge près de chez lui ? Il existe une profonde méconnaissance de nos consultations d’expertise libérale.

L’abandon de la permanence des soins résulte d’une forte chute de la démographie entrainant une désertification des petites et moyennes villes. Une dizaine de villes continuent à assurer une PDS.

La pédiatrie de ville est depuis longtemps devenue peu attractive en termes de revenus. En 2015 les pédiatres ont vu chuter leurs revenus de -3,4% tous secteurs confondus et de – 4,43% pour les pédiatres de secteur 1. Les honoraires stagnent alors que les charges continuent d’augmenter (leur taux atteint 48,2% des revenus en 2013). Entre 2006 et 2013 seuls les pédiatres avec les psychiatres ont vu leurs revenus chuter.

Le FPE, s’adressant aux 0-2 ans, date de 2002 et la MPE, s’adressant aux 2-6 ans, de 2012, comme la MBB.

S’agissant de la démographie, ces dernières années ont été marquées par la féminisation de notre profession et par le recul de l’activité libérale au profit de l’activité salariée.

En 2016 il n’y a jamais eu autant de pédiatres en France : 8007 pédiatres (contre 6370 en 2000) avec un taux de féminisation de 67,9%. Mais ce chiffre montre malheureusement la faible attractivité de la pédiatrie libérale :

  • 2212 pédiatres libéraux exclusifs (féminisation : 62,9%)
  • 922 pédiatres d’activité mixte (féminisation : 60,3%)
  • 4091 pédiatres salariés hospitaliers (féminisation : 70,1%)
  • 782 pédiatres autres salariés (féminisation : 79,4%)

Cette évolution en faveur de la médecine salariée continue de s’accroitre.

En 2016, 4147 pédiatres sur 8007 ont plus de 50 ans et seulement 2175 ont moins de 40 ans.

On peut constater qu’il n’y a que 3134 pédiatres ambulatoires pour s’occuper de 22% de la population (de 0 à 17 ans).

Actuellement en regardant les premières inscriptions à l’ordre des médecins, on remarque que :

  • 89,5% des jeunes ont une activité salariée
  • 2,3% ont une activité libérale
  • 2,3% ont une activité mixte
  • 5,9% sont remplaçants

A l’autre extrémité de l’échelle, en exercice libéral les cessations d’activité sont plus nombreuses que les nouvelles installations, alors que c’est l’inverse pour la médecine salariée.

6,9% des pédiatres sont des retraités actifs.

L’examen classant national a longtemps stagné autour de 200 postes, mais il atteint maintenant le chiffre de 300. L’enseignement à la pédiatrie générale et la pratique du stage en cabinet libéral pédiatrique devrait pouvoir se généraliser.

La présence des pédiatres libéraux en maternité privée : il ne reste maintenant que des grosses maternités, toutes les petites sont en train de disparaitre. Il est pourtant primordial de garder la place du pédiatre, référent du nouveau-né, face à l’ensemble des professions médicales et paramédicales voulant le prendre en charge. Le PRADO est certes une avancée dans la prise en charge de la maman et de son nouveau-né à la sortie de la maternité, mais en aucun cas il ne doit se substituer à la compétence du pédiatre.

L’insécurité en ce début de millénaire s’invite dans les cabinets médicaux, sans que des mesures concrètes ne soient réellement décidées par notre ministre en termes d’aide à la sécurisation des cabinets de ville.

Enfin l’année 2016 a vu la signature pour cinq ans d’une nouvelle convention. Elle a été signée le 26 aout 2016 par trois syndicats : MG France, le Bloc et la FMF.

Cette convention, faisant suite à la loi dite de modernisation de la santé, institue le médecin traitant pour l’enfant dès la naissance. La loi de 2004 avait permis que l’enfant de moins de 16 ans soit exclu du dispositif médecin traitant. Malheureusement la loi de 2016 a décidé qu’un médecin traitant était nécessaire dès la naissance pour suivre les vaccinations, la croissance de l’enfant et plus particulièrement son indice de masse corporelle, comme si nous avions attendu ladite loi pour faire notre travail.

L’intérêt du médecin traitant de l’enfant est, pour ceux qui le veulent, d’avoir accès à la ROSP (Rémunération sur objectifs de santé publique). Longtemps promise aux pédiatres, elle n’a vu le jour qu’avec l’apparition du médecin traitant de l’enfant. C’est une ROSP qui bénéficie à la fois aux médecins généralistes et aux pédiatres, donc imparfaite. Elle a pour objectifs d’intégrer dans notre pratique des indicateurs portant sur la prévention et les maladies chroniques. Sa rémunération devrait permettre un complément d’honoraires.

Cette nouvelle convention apporte une modification des lettres clés que nous avions l’habitude d’utiliser. La soi-disante simplification n’est pas de mise. Ces lettres clés changent à partir du 1er mai. Les FPE, MNP et MPE disparaissent au profit des NFE, NFP et MEP… La seule valorisation obtenue à ce niveau pour les pédiatres est la majoration de la MEP de 1€ par rapport à la MPE.  Apparait aussi la COE (la MBB disparaissant au 1er novembre) valorisée à 39 au 1er mai puis à 46 au 1er novembre. Cela ne permettra pas à la pédiatrie de combler son retard sur la médecine générale ni sur la plupart des spécialités.

Si l’UNOCAM approuve cette convention, nous entrerons dans la complexité la plus totale en matière de rémunération. Un certain nombre de consultations complexes, voire très complexes ont été créées, correspondant à un début de hiérarchisation des actes. Les tarifs de ces consultations seront appliqués de une à quatre fois par an avec des lettres clés variant entre le dossier médical et la feuille de soins.. Certaines seront réservées aux pédiatres de secteur 1 ou OPTAM, d’autres accessibles à tous à condition de les réaliser à tarif opposable. D’autres encore sont réservées aux neuropédiatres ou pneumo pédiatres.

Enfin le CAS est remplacé par l’OPTAM.

Le chemin est encore long pour une reconnaissance pleine et entière de la pédiatrie.

Quoi qu’il en soit notre pratique doit évoluer

  • Travail mixte ville- hôpital
  • Travail en réseau
  • Maisons pédiatriques ou cabinets de groupes
  • Plateaux techniques pédiatriques
  • E-pédiatrie
  • Education thérapeutique

 

La pédiatrie de ville est un sacerdoce. Elle mérite plus de reconnaissance. C’est un métier noble dont nous pouvons être fiers.

«  Les enfants et adolescents jusqu’à 18 ans ont vocation à être pris en charge, chaque fois que cela est possible, par un médecin spécialiste de l’enfant. »

 

 

Brigitte Virey

Présidente SNPF

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